10 questions à vous poser avant d’envoyer votre manuscrit à une maison d’édition (pour faire le bon choix)

Votre manuscrit est fini, vous l’avez écrit, lu, réécrit, relu, envoyé à vos beta lecteurs, réécrit à nouveau et mis en forme. La publication est-elle la prochaine étape ? Avant de passer chez le reprographe ou de soumettre votre imprimante à de longues tâches d’impression puis d’envoyer de multiples exemplaires de votre manuscrit dans la nature, voici une liste de 10 questions qui vous aideront à préciser vos objectifs et bien bien choisir les maisons à qui envoyer votre manuscrit.

Julien Morgan, auteur de science-fiction, directeur de collection et membre du comité de lecture d’une maison d’édition spécialisée dans les littératures de l’imaginaire, s’est joint à moi pour écrire cet article. Vous pouvez lire son dernier roman Kashoggi ici, lire ses tribulations quotidiennes sur sa page Facebook et consulter son site internet http://www.JulienMorgan.com

1/ Renseignez-vous sur le catalogue, les collections et la ligne éditoriale des éditeurs à qui vous envisagez d’envoyer votre manuscrit.
Par exemple, un éditeur de littérature générale ne saura que faire de votre version personnelle et visionnaire de Twillight. Orientez-vous vers un éditeur plus spécialisé dans les littératures dites de genre. Si vous écrivez de la posie, ne l’envoyez pas à un éditeur de livres pratiques.
Les sites internet des maisons d’éditions sont d’excellentes premières sources d’information.

2/ Lisez des livres édités par les maisons d’édition qui vous intéressent.

Entrer dans le catalogue d’une maison d’édition en tant qu’auteur équivaut à passer devant monsieur le maire avec votre partenaire. Cela demande un peu de préparation et de connaissance de qui seront les futurs membres de votre famille. Comment faire ? Lire des livres déjà publiés par l’éditeur qui vous intéresse. Vous sentez-vous proche de ce type de livres ou totalement à l’opposé ? Dans le premier cas, vous tenez peut-être une piste, dans le second, passez votre chemin. Comme un mariage.

3/ Quel type de contrat est proposé aux auteurs ?

À compte d’éditeur ? à compte d’auteur ? Dans le premier cas, c’est l’éditeur qui prend le risque financier, vous n’aurez rien à débourser, vous toucherez même des – maigres – droits d’auteur. Un éditeur bien établi vous fera même bénéficier d’une campagne de promotion dans les différents médias. Dans le second cas, vous payez pour le travail éditorial, la mise en page, la création de la maquette et l’impression de votre livre. L’édition à compte d’auteur est essentiellement une prestation de service, vous prenez le risque financier et êtes le plus souvent seul à la tête de la campagne de promotion de votre livre.

4/ Quels sont les formats de l’œuvre exploités par la maison d’édition ?

Papier, numérique, audio ? Qu’est-ce qui vous intéresse le plus ? La première ? La deuxième, la troisième, les trois ? Pour vous renseigner sur les formats proposés par les maisons d’édition, consultez leur site internet mais aussi les sites des grands diffuseurs d’ebooks tels qu’Amazon et Kobo. Les libraires sont également une source inestimable d’informations, n’hésitez pas à leur poser des questions sur les maisons d’édition qui vous intéressent.

4/ La réputation de la maison d’édition est-elle bonne ?

Comment vous en assurer ? Recherchez sur Internet le nom de la maison d’édition qui vous intéresse en ajoutant + avis dans la barre de recherche. Encore une fois, le contrat qui vous lie à une maison d’édition lui permet d’exploiter votre œuvre de manière exclusive. Est-ce que vous souhaitez qu’elle soit exploitée par une entreprise aux pratiques douteuses ? Pour beaucoup d’entre elles, de grandes espérances et le manque d’information des auteurs sont les pierres angulaires d’un business très rentable.

5/ La maison d’édition accepte-t-elle les soumissions spontanées de manuscrit ?

Certaines maisons d’édition croulent sous les manuscrit et prévoient plus de deux ans avant de pouvoir fournir une réponse aux auteurs. S’ils est mentionné que la maison d’édition refuse les soumissions spontanées de manuscrit, économisez votre argent et envoyez votre texte ailleurs.

6/ Suis-je prêt à être édité ?

Entendons par là : suis-je professionnel dans ma démarche ? Connaissez-vous un minimum le milieu éditorial, son jargon, ses us et coutumes ? Les termes “espaces comprises”, “droits d’auteur”, “AGESSA”, vous sont-ils familiers ? Sinon, des blogs et forums pourront vous aider à y voir plus clair. Le mot d’ordre est : sachez où vous mettez les pieds et à qui vous vous adressez. On n’attend pas de vous que vous soyiez un vieux loup de mer des maisons d’édition ; en revanche, on n’acceptera pas de vous que vous soyiez un amateur. Si votre manuscrit est accepté (hourra !), on attendra de vous que vous le retravailliez, que vous le réécriviez parfois partiellement, que vous y apportiez des corrections. Accepter votre imperfection est un prérequis. Savoir dialoguer entre adultes et professionnels en est un autre : l’éditeur marche à vos côtés, laissez-le s’immiscer dans votre bulle.

7/ Mon manuscrit est-il publiable ?

Avez-vous effectué un travail décent de relecture et de corrections, est-il conforme aux attentes de l’éditeur ? Chaque éditeur indique en général sur sa page de soumission des critères spécifiques pour la mise en forme : police, taille de caractère, interligne, marges, etc. Respectez-les scrupuleusement. Le temps gagné à la lecture d’un manuscrit est un temps mis à profit pour l’examiner avec attention et plaisir. Pour faire simple, un éditeur n’a pas de temps à accorder à un auteur qui n’en accorde pas pour rendre son manuscrit le plus lisible possible. Vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien un manuel d’une page concernant les bases de mise en forme qui vous mettra le pied à l’étrier.

8/ Mon manuscrit mérite-t-il d’être publié ?

La question peut sembler cruelle, mais il faut toujours garder à l’esprit la mécanique d’une démarche éditoriale : un éditeur investit du temps et de l’argent dans un auteur et son oeuvre. C’est un pari qu’il espère gagnant, et l’auteur aussi. Votre histoire peut-elle toucher des lecteurs ? S’adresse-t-elle a un public plutôt régional, plutôt jeune, plutôt instruit ? Les réponses à ces questions déterminent non seulement le choix de la maison d’édition à cibler (voir premier point), mais également votre propre approche de cette maison. Si vous estimez que votre histoire n’est pas de cet acabit, rendez-vous directement au point 10.

9/ Mes attentes sont-elles réalistes ?

Si ce n’est pas le cas, oubliez ce projet et passez à autre chose. Si vous êtes réaliste, alors vous savez que les délais éditoriaux sont très longs, le processus complexe et la récompense au mieux tout juste gratifiante sur le plan personnel. Votre manuscrit terminé est la partie émergée de l’iceberg ; le vrai travail commence dès qu’il est accepté. Et vous allez en suer pendant de longs mois. Acceptez le dialogue, la critique, et surtout, d’avance, envisagez l’éventualité (plus que certaine) de vous en tirer moyennement. Votre livre, sauf cas si exceptionnel qu’on ne livrera même pas les probabilités, ne sera pas un bestseller et vous ne serez couverts ni de gloire, ni d’argent dès votre premier roman.

10/ Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Les lecteurs ou l’exploitation pécunaire de vos écrits ?

Si avoir beaucoup de lecteurs sous intéresse plus que gagner de l’argent (sic) avec vos écrits, peut-être n’avez-vous pas besoin d’envoyer votre manuscrit à un éditeur. Peut-être devriez-vous le déposer sur une plateforme de lecture gratuite.

Si votre manuscrit plaît, vous pouvez toucher des milliers de lecteurs en quelques heures seulement sur une plateforme communautaire telle que Wattpad. Cependant, vous ne toucherez pas d’argent.

4 réflexions sur “ 10 questions à vous poser avant d’envoyer votre manuscrit à une maison d’édition (pour faire le bon choix) ”

  1. En plus de ces indispensables questions, je propose celle-ci :

    Si on n’a pas de contact dans une maison d’édition, combien suis-je prêt à dépenser par mois pour entretenir un infime espoir ? Selon la réponse, calculer le nombre de manuscrits à faire tourner. Se blinder psychologiquement contre les lettres de refus.

    L’auto-édition, l’auto-promotion, les plateformes, ça finit par bouffer 80% du temps d’écriture véritable. Les bons sont noyés par les médiocres aux méthodes invasives.

    Alors, pour ma part, après avoir tâtonné, je me suis fixé cette ligne :
    – avant tout, j’écris beaucoup
    – je continue d’envoyer mes manuscrits dans les maisons d’édition
    – je participe à des concours de nouvelles
    – je surveille tous les appels à textes
    – j’essaie de me construire un (petit) pedigree avec l’espoir qu’un jour, avec de la chance aussi, un éditeur sérieux me lira sérieusement.

    Remarque : les derniers articles-conseil que j’ai lus sur le sujet sont écrits par des auteurs qui sont également employés par une maison d’édition. Ont-ils une vision objective ?

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