Relancer sa créativité avec les Story Cubes

Un soir, vous avez envie d’écrire, vous sentez que dès que vous coucherez votre pensée sur la page blanche, le flot des mots se transformera en œuvre bouleversante et profonde, certainement une des meilleures de votre vie. Mais voilà, vous ne savez pas à propos de quoi écrire. Frustration. En auteur plein de ressources, vous vous rabattez alors sur un “writing prompt” mais votre cerveau y répond avec un “blah” retentissant suivi d’un silence vertigineux. Frustration et envie de glace menthe-chocolat pour combler le vide.

Cet état de frustration est terrible, surtout lorsque les prompts ne suffisent plus pour relancer votre machine narrative. Cela peut même provoquer des tics nerveux : œil qui cligne, rictus involontaire, penchement de tête intempestif et répétitif.

Dans un état similaire, je suis entrée dans une librairie pour faire du binge reading (à défaut d’avoir de la glace à disposition). Puis, j’ai découvert les Story Cubes sur le comptoir de la caisse et mon visage s’est transformé.

 

Les Story Cubes, concrètement, c’est quoi ?

Neuf dés qui présentent une image évocative sur chacune de leur face (lettre, balance, tipi, tortue, pomme, etc.). Il faut les lancer et se servir de chacune des neufs images apparues pour raconter une histoire en commençant par “il était une fois”. L’intérêt est que les cubes offrent une partie des éléments de l’histoire. Notre cerveau doit effectuer le travail de connexion entre tous ces éléments. L’imagination doit tourner à plein régime pour monter une histoire cohérente.

En lançant les dés, le joueur ne se lance pas tout à fait dans le vide, il a neuf petits parachutes pour l’accompagner jusqu’à la fin de son histoire.

C’est ce qui fait toute la différence entre un simple prompt et ces dés.

Les story cubes stimulent votre imagination !
Les story cubes stimulent votre imagination !

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment y jouer   ?

 

Ce jeu est accessible à tout le monde, du plus jeune au plus âgé. En effet, ce sont seulement des dés. Pas de manipulation délicate, pas de manuel d’utilisation de 600 pages.
En fait, il n’y a qu’une seule règle du jeu : commencer son histoire par “Il était une fois”.

 

Variante

Lancer seulement 3 dés à la fois. Un lancé pour chaque étape de l’histoire : début , développement, fin.

J’aime me servir de mots de transition pour m’aider à avancer dans l’histoire que que je raconte à l’aide des Story Cubes sinon j’ai tendance à me servir des premiers dés pour mettre en place le contexte sans enchainer sur l’événement déclencheur et donc la problématique de l’histoire.  Somme toute, cela donne  :

Il était une fois

  1. un/ une
  2. qui vivait
  3. et voulait…
  4. jusqu’à ce que
  5. heureusement
  6. mais
  7. alors…
  8. …..
  9. enfin

Fin

 

Je m’en sers en ce moment en guise d’entrainement, de gymnastique intellectuelle dans le cadre de ma préparation pour le NaNoWriMo du mois de novembre. L’effet créatif est assez étonnant. La preuve, j’ai écrit l’histoire d’un arbre qui voulait déménager sur une plage en Australie pour protéger les nids des tortues.

Oui, les cubes font cet effet-là.

 

Pour aller plus loin :

Le site officiel des Story Cubes

Un template à télécharger pour garder une trace des histoires inventées avec les Story Cubes.

La page Facebook de l’éditeur.

5 choses que l’on peut apprendre de “Demain, j’arrête !” et de “ Complètement cramé !” de Gilles Legardinier

A force de voir passer des bus placardés de couvertures de livres avec des chats sceptiques sur fond de couleur survitaminée, je me suis laissée emporter par ma curiosité naturelle et j’ai donc acheté “Demain j’arrête !“ et “Complètement cramé !” de Gilles Legardinier.  Je les ai lu chacun en moins de deux jours.

 

Le Pitch

 

Demain j’arrête !

Julie, intriguée par son nouveau voisin au nom comique – Ricardo Patatras – ne peut s’empêcher de l’espionner quitte à se mettre dans des situations totalement rocambolesques.

Type de roman : clairement un “Est-ce qu’ils vont se mettre ensemble ou pas » (will they/won’they).

 

Complètement Cramé !

Andrew, patron sexagénaire au grand cœur mais blasé, quitte son Angleterre natale pour prendre un poste de majordome dans une grande demeure française. Il pense fuir les ennuis. En vrai, il fonce vers eux.

Type de roman : Quette de la rédemption dans une grande maison à la campagne.

 

Ce que j’ai aimé :

  • les personnages au grand cœur ;
  • la description des “bandes de potes” ;
  • les coups de folies de certains personnages ;
  • l’écriture simple qui se lit très vite.

 

Ce que j’ai moins aimé :

  • l’absence d’utilisation d’un plot aux conséquences trop lourdes : aucune montée dramatique, aucune réelle adversité,  certains personnages apparaissent trop alors que d’autres, plus importants ne sont pas assez décrits ;
  • les dialogues. Trop longs, trop linéaires, trop ordinaires ;
  • la mise en scène : les personnages sont trop souvent posés dans un décor, statiques.

Je retiens 5 choses de leur lecture :

  1. Les histoires avec des personnages bienveillants, ça fait du bien ;
  2. Trop de “on” tue l’impression de lire un roman ;
  3.  Sans motivations spécifiques, les personnages sont interchangeables => exposer pourquoi un personnage décide de changer radicalement de vie ;
  4.  Sans vocabulaire spécifique, les personnages sont interchangeables => utiliser des expressions, des métaphores propres à chaque personnage ;
  5.  L’adversité permet de donner du sens aux actions des personnages => donner à ses personnages des raisons qui les poussent à agir d’une certaine façon et pas d’une autre.

 

Pour aller plus loin :

Qu’est-ce qu’un Plot ? Page en anglais de wikipedia

Extrait de Demain J’arrête !sur la page du livre chez Amazon

Extrait de Complètement Cramé !sur la page du livre chez Amazon