LT What Now ? du NaNo : les conseils de révision

Hier, l’équipe des quartiers généraux du NaNoWriMo a organisé un Live Tweet sur le thème de la révision d’un manuscrit une fois qu’il a reposé – un peu. Ce Live Tweet était organisé dans le cadre de l’animation de ce qu’ils appellent les Now What ? months – “les mois et maintenant ?”.

J’ai trouvé que l’idée de ce Live Tweet était assez intéressante et j’ai eu envie de garder une trace de ce qui a été dit. Je vous propose donc une retranscription personnelle de cet événement. Je n’ai retenu que les idées qui me semblent intéressantes et les ai traduites du mieux que je peux, merci de votre indulgence 😉

Se motiver pour réviser son manuscrit

La révision permet de révéler la bonne histoire qui se cache derrière le chaos de votre premier jet.

Le plus difficile est de commencer la révision. Vous pouvez vous inscrire dans un atelier d’écriture pour retravailler une partie  de l’histoire avant de vous attaquer au manuscrit entier.

Faire des points d’avancement de la révision sur son blog (en pourcentage).

Faire des sprints de révision.

Garder à l’esprit qu’un manuscrit corrigé = une meilleure histoire.

Comment aborder la révision ?

Un excellent conseil de Chris Baty, fondateur du NaNo : Assurez-vous de bien connaître votre histoire avant de commencer.

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. La révision sera douloureuse mais la fin justifie les moyens : le manuscrit sera sensas après.

Soyez prêt à mettre votre manuscrit en pièces.

Un conseil qui ne figurait pas dans le Live Tweet mais que je trouve très vrai : Kill your darlings. Il faut être prêt à sacrifier ses passages préférés si c’est dans l’intérêt de l’histoire.

La révision au niveau macroscopique : l’histoire a-t-elle du sens ? Toutes les scènes sont-elles nécessaires ? Faut-il en rajouter ?

En premier, relire le manuscrit et signaler tout ce qui n’a pas de sens ou qui ralentit le rythme de l’histoire.

Identifier et corriger les problèmes de structure, de rythme, d’orthographe et de grammaire

Le Plot n’est pas l’histoire en elle même. Le Plot est la séquence de scènes avec laquelle on raconte l’histoire.

Si le Plot n’a pas de rythme, réévaluer les conflits internes et externes des personnages. L’histoire s’améliore avec un plot plus nerveux.

Retravailler les personnages peut-être utile, les étoffer vous permettra d’emmener votre histoire dans une nouvelle ou meilleure direction.

Relire le manuscrit et faire une liste de ce qui se déroule dans chaque scène. Cela permet de dresser un trame de l’histoire.

Dans le cadre de la structure en 3 actes, si le “midpoint” se produit au ⅔ du manuscrit, il faut rétablir l’équilibre de l’histoire.

La lecture d’un manuscrit à voix haute permet de trouver ce qui ralentit ou accélère le rythme.

Pour la correction ligne par ligne, lire à rebours en commençant par la dernière phrase. Cela permet de se concentrer sur la grammaire et non sur le sens.

Pour aller plus loin :

Toute la documentation sur la révision sur le site du NaNo : http://bit.ly/IBa2U0

Une explication de ce qu’est le Midpoint sur le blog de Rebecca Berto  : http://rebeccaberto.com/2012/01/27/the-best-advice-ive-learned-on-story-structure-part-3-midpoint-second-third-plot-points/

La méthode de Susan Dennard expliquée sur son blog : http://www.publishingcrawl.com/2012/12/07/tackling-revisions/

La méthode de Chuck Wendig expliquée sur son blog  : http://terribleminds.com/ramble/2013/01/08/how-chuck-wendig-edits-a-novel/

Un détecteur de fautes, adverbes, forme passive, clichés, fautes d’orthographe, répétitions (en anglais) : http://editminion.com

Appel à votre imagination : demande de prompts

Objet de la demande

Samedi prochain, une nuit dangereuse de l’écriture est organisée sur le chan IRC du NaNo et j’aimerais écrire une nouvelle d’environ 1000+ mots. Je n’ai pas le début de la moindre idée et c’est pour cela que je m’en remets à vous.

Critères de forme

Je serais contente si vos idées adoptaient l’une des formes suivantes :

  • liste de mots
  • thème
  • situation
  • première phrase
  • phrase à caser dans la nouvelle
  • etc.

Qu’est-ce que vous y gagnez ?

Ma gratitude et je l’espère une nouvelle qui vous plaira que je pourrais publier sur ce blog.

Petite typologie des différents types de livres de creative writing

J’adore lire des livres sur le creative writing. La plupart sont en anglais – les quelques traductions proposées en français m’ont rarement satisfaite.  Au fil de mes lectures, j’ai défini une typologie de ces livres selon ma propre logique : elle est parfaitement discutable mais elle a le mérite de me permettre de m’y retrouver plus facilement.

Les retours d’expérience : certains écrivains célèbres ont partagé leur expérience de l’écriture sous forme de mémoires, avec plus ou moins de réussite. L’un de mes préférés est celui de Steven King “On writing”. Il explique sa vision personnelle et aussi qu’il écrit 2 000 mots par jour, tous les jours.

Le Premier livre de Chris Baty – fondateur du NaNoWriMo « No Plot No Problem » entrerait dans cette catégorie si ce n’était pas un OVNI. En effet, il propose à la fois des anecdotes sur le NaNo et des conseils d’écriture.

Dans l’année, j’aimerais lire celui d’Ursula Le Guin. Je passe sous silence les quelques ouvrages qui entrent dans cette catégorie et dont la mauvaise qualité semble faire l’unanimité.

Les guides pour néophytes : ils abordent le creative writing sous forme de chapitres thématiques qui se terminent par des exercices pratiques. J’en ai lu beaucoup, je n’ai pratiquement jamais fait les exercices. J’aime bien la collection Write Great Fiction aux éditions Writer’s Digest Books.

L’un de mes préférés, publié par le même éditeur, dans une collection différente, est “Make a Scene”. Il permet de bien comprendre la fonction de l’entité “scène” et sa place dans les chapitres d’un roman.

Les ouvrages de réflexion générale : ils abordent les mêmes sujets que les guides pour néophytes mais ne proposent pas d’exercices pratiques. Ils fourmillent d’exemple de ce qui est considéré comme de la bonne prose, tirés de la littérature ou de scenarii. Dans cette catégorie, j’aime beaucoup les livres de Noah Lukeman, agent littéraire américain, qui leur donne un côté très pratique. Je suis actuellement en train de lire “How to grow a novel” de Sol Stein mais je ne suis pas toujours d’accord avec lui, notamment sur la nécessité de “frustrer” les attentes du lecteur.

Les “formula books” : ils proposent des méthodes toutes faites pour produire le prochain best-seller mondial et sont en général très mal considérés, à tel point que nombre de 4e de couverture de livres de creative writing commencent par “ceci n’est pas un formula book”. Personnellement, je les adore. Ils proposent souvent des “trucs” très concrets que je peux tester assez rapidement. Toutefois, je préfère les livres qui expliquent une méthode de travail plutôt que des livres qui vous donnent la recette miracle d’un Best Seller. Le dernier en date que j’ai lu est « From 2k to 10k » de Rachel Aaron. Il donne des pistes pour augmenter sa production quotidienne qui sont loin d’être bêtes.

Il  me semble que la lecture de formula books est à déconseiller absolument aux nouveaux auteurs qui ne sauront pas prendre assez de recul vis à vis de leur contenu. Il vaut mieux commencer par les recueils de writing prompts, qu’on trouve facilement dans les rayons jeunesse des librairies.

Petit bémol

La grande majorité des livres de creative writing sont écrits et publiés par des auteurs anglophones. Ils mettent en avant ce qui est valorisé dans leur culture. Par exemple, beaucoup d’auteurs américains recommandent de faire vivre au lecteur une expérience qui le sortira de son quotidien, qui aura une dimension extraordinaire. Or, la littérature générale française plébiscite souvent les romans du quotidien, les personnages comme monsieur tout le monde. Je pense notamment aux Déferlantes, aux romans d’Olivier Adam, à ceux de Michèle Barbery. Encore une fois, il me semble qu’il faut savoir choisir ce qu’on retient de ces lectures.

De plus, les livres de creative writing n’abordent souvent qu’une seule forme le roman. Les formes un peu plus exotiques telles que les romans épistolaires sont très souvent laissées de côté. Croire et appliquer à la lettre ce qu’ils préconisent peut apporter une amélioration de son écriture dans un premier temps mais il ne faut pas oublier qu’il existe de multiples façons de raconter une histoire, de construire un roman ou simplement de partager son univers avec le lecteur.

RDV dans le prochain article qui détaillera un peu plus ce que les livres de Creative Writing m’apporte et leurs inconvénients.