Pourquoi j’ai planté le NaNo 2012 et pourquoi c’est une bonne chose, finalement

Participant-120x240L’an dernier, c’était mon troisième NaNo. Je l’ai abordé avec pas mal de confiance en moi. Je me disais « tu t’en es tirée les deux premières années dans des conditions plus que difficiles, il n’y a pas de raison que cela change ». J’avais confiance en moi et en mes capacités de raconter une histoire « sur 50 000 mots ».

J’avais tort.

Cet excès de confiance mêlé à une fatigue de plus en plus intense m’ont amenée à négliger ma préparation. J’ai eu un mois de congès maladie de fin septembre à fin octobre et je n’ai pas fait autre chose que des recherches sur une histoire qui m’avait particulièrement touchée. Je me disais que le thème en ferait une bonne histoire et que la partie romancée viendrait d’elle-même. Je pensais également que puisque d’autres le font, je pouvais aussi me lancer dans un NaNo version No Plot No Problem.

Je me trompais.

Rapidement, la charge des journées de travail et des heures de transport a pesée lourd dans la balance entre mon ordinateur et mon lit. D’autant plus que mon poste de travail était loin d’être ergonomique et que le nouveau matelas de mon lit l’était, lui.
J’ai perdu en motivation le jour où je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas vraiment de méchant dans mon histoire, ni de progression des personnages ni d’enchaînement logique.

En fait, il n’y avait pas grand chose.

Un des défis du NaNo réside dans le fait de rester assis devant un écran pendant des heures sur 30 jours . Cela nécessite une sacrée motivation. Elle provient de l’envie de se prouver quelque chose, du besoin de sortir une histoire qui trainait en soi depuis des lustres, du plaisir de raconter une histoire, de tant de sources différentes qu’il est impossible de les nommer toutes ici.
Quoi qu’il en soit, fatigue + douleurs posturales + histoire vide ont résulté en un abandon du NaNo au 18e jour.

Et ça m’a mise en colère de laisser tomber comme ça, presque aussi facilement, du jour au lendemain.

J’ai pris d’abord un jour de repos, puis deux, puis quatre, puis mon retard était tel que je ne me voyais pas fournir l’effort nécessaire pour rattraper la ligne du graphique qui indique qu’on est dans les temps. Alors j’ai simplement arrêter d’écrire pour presque un an. Les événements ont suivi leur cours et je suis arrivée en début d’année 2013 avec une obsession : trouver un sujet de NaNo qui me plaise, qui me touche et bosser dessus.

J’ai donc écumé les sites ressources pour tout écrivant compulsif.
Et c’est en tombant sur theplotgenerator que j’ai eu l’épiphanie : reprendre le plot d’un roman que j’aime (Jane Eyre) et l’adapter dans mon « univers » (romance/steampunk/surnaturel/urbain/enquête).

C’était une idée complètement folle mais si amusante.

J’ai commencé à prendre des notes sur des fichiers note pad, puis j’ai décidé de m’organiser un peu et d’ouvrir un cahier dans lequel jeter, gribouiller, dessiner, écrire toutes mes idées. Avec une trame préétablie, j’ai d’abord réfléchi aux personnages principaux. Jane et devenue Jack, ses cousins horribles et sa tante ont disparu pour laisser la place à Andy, l’oncle de Jack. Un grand voyageur fantasque qui a du cesser de barouder pour élever le fils de son défunt frère.

Et Andy est un fantôme.

Et ainsi de suite. Comme je reprenais les personnages un à un, puis les transposais dans mon « univers », je les modifiais. Grace Pool et madame Fairfax sont devenues un seul personnage : une intendante alcoolique reine de la cascade et de la gâchette. La transposition m’a beaucoup plu mais elle a trouvé ses limites là où ma créativité a eu besoin de soutien : un travail de recherche assez poussé. Période historique, localisation, codes du genre steam punk, codes du genre romance, etc.
Concrètement, cela s’est traduit par un mois de recherches quotidiennes compilées dans Scapple. J’ai passé le mois suivant à travailler sur le plot en lui-même, sur l’enchainement des scènes, sur les rebondissements. Poussée par mon histoire en premier, ses personnages et ma détermination à ne plus jamais ressentir la même rage que l’an dernier, j’ai préparé mon NaNo  avec plus de sérieux et de méthode que je n’en ai eu au cours des trois dernières années.

Somme toute, j’ai appris de mon dernier NaNo.

Mon échec du 3e NaNo m’a aidée à mieux me connaître – je fais partie des wrimos qui ont besoin de préparation, c’est certain  – et à mieux cerner ce qui me motive à écrire  – une histoire vraiment divertissante dans un univers original – après une longue journée de boulot et avec un bon lit qui ne demande qu’à m’accueillir les draps ouverts, dès que ma fille est couchée. J’ai bossé et j’ai lu. Cela m’a beaucoup aidée. Certains des conseils les plus pragmatiques m’ont aidée à avancer. La communauté aussi. La valeur de son soutien est indéniable.

Le NaNo 2012 a aussi laissé des séquelles

Je l’ai senti dès que j’ai commencé à écrire dans la nuit du 31/10 au 01/11, le manque de pratique a été néfaste. Dans mon cas, l’écriture est comme un muscle, j’ai besoin de la faire travailler régulièrement pour avoir des résultats satisfaisants. J’avais un an de retard à rattraper. J’ai facilement couché tout le premier chapitre – 5 000 mots – avant de retrouver mes marques et de me sentir à l’aise, débarrassée de mes phrases de plomb qui collaient à ma narration comme autant de boulets de bagnards.

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